Chers amis lecteurs,

Voici un extrait d’une fête très particulière à laquelle Louise, l’auteur des Madones de Venise a participé quand elle était en Italie. Elle a un peu romancé, mais l’orgie a bien eu lieu.

J’espère que cette histoire vous excitera…

Baci,

Léa

Orgie vénitienne

Nous ne sommes pas pressées de descendre. Nous entendons déjà de notre chambre le brouhaha des voix des invités qui viennent d’arriver.
Nous avons pris, Max et moi, notre bain ensemble. J’avais besoin, après cette folle jouissance vécue avec Flora de recouvrer une certaine quiétude de mon corps. La vapeur du bain, les doux massages de Maxence me l’ont fait retrouver.
En sortant de la salle de bains, Maxence m’a allongée sur le lit. Il s’est couché sur moi, et nous avons fait l’amour ensemble, comme des milliers de gens sur la terre. Et c’était bon.
Il a labouré mon ventre un long moment. Doucement. Il n’y a eu aucun affolement dans nos deux corps. La quiétude et le bonheur de sentir simplement nos deux sexes insérés l’un dans l’autre, se quitter pour se retrouver ensuite. Délicieusement bon de rythmer les battements du cœur au martèlement du sexe viril, de ne plus penser qu’à lui. De se laisser flotter. Délicieusement bon de jouir en silence, dans l’apaisement des sens qui, d’ordinaire, fusent de tous côtés.
J’ai voulu garder le sperme en moi, afin de conserver et de prolonger encore le goût de l’amour. Présence discrète au sein de mon ventre, simplement connue de moi, insoupçonnable, même au milieu d’une foule dense.



Maxence s’est finalement trouvé un costume qui lui va bien. Une redingote bordeaux sur laquelle sont cousus des gros boutons dorés. Un galon de tissu précieux, jaune, bordé d’un liseret jaune et rouge sur lequel se dessinent des écussons symbolisant on ne sait quelle noblesse, suit le revers visible de la veste et se poursuit dans le cou. Il porte dessous, un jabot blanc en dentelles.
Il s’est coiffé d’une tricorne noir, a relevé le col de sa redingote et s’est caché le visage sous un masque couleur terre cuite qui épouse son nez, recouvre sa bouche.. Seuls ses yeux bleu cristal, qui regardent au travers des petits trous prévus pour voir sans être vu, permettent de l’identifier.
« Tu as l’air d’un mystérieux aventurier, ou d’un capitaine au long cours, tout aussi mystérieux.
— Non. Je suis un abominable malandrin ! dit-il en grondant pour me faire peur. Je suis un voleur de Pierrot, poursuivit-il en m’entourant de ses bras.
— Tant que tu ne te sens pas l’âme d’un violeur de Pierrot ! » dis-je en riant et en me dégageant.

Je jette un dernier coup d’œil dans le miroir avant de descendre.
« Inutile, tu es délicieusement belle ! » dit Max admiratif.
J’ai remonté mes cheveux sur la tête afin qu’aucun ne dépasse de la calotte noire sur laquelle ont été cousues d’innombrables paillettes argentées. À la manière des Pierrots, j’ai enfilé une large chasuble noire, sur un pantalon en soie noire également. J’ai posé en guise de col, tout autour de mon cou, une collerette de tulle blanc.
J’ai fardé mes paupières de paillettes argentées et je n’ai pas voulu faire couler sur mes joues, la larme du Pierrot. Je l’ai transformée en étoiles scintillantes que j’ai parsemées ça et là sur mon visage. Maquillage sans doute inutile puisque la tradition du Carnaval exige que chacun porte un masque. Le mien est blanc. Il est plus petit que celui de Maxence, il s’arrête juste au-dessous du nez et laisse ma bouche découverte.

Contrairement au rez-de-chaussée, baigné dans la lumière des lustres de cristal et des chandeliers, les étages et l’escalier sont plongés dans la pénombre.
Tout au long de la rampe qui longe le premier étage, luisent doucement dans le clair-obscur sur les meubles de bois bien cirés, des objets lourds en argent massif. Les étoffes et les tentures qui sont accrochées aux murs de pierre sont également lourdes, et malgré leur âge et leur usure, mettent encore en relief les scènes de chasse qui s’y déroulent.
Au fur et à mesure que nous descendons l’escalier, nous découvrons des toiles splendides, encadrées dans de larges cadres sculptés en bois peint couleur or, dignes de figurer dans les plus beaux musées du monde. Je crois reconnaître ici La tentation de saint Antoine signée Tintoret, là, Le sacrifice d’Abraham, probablement exécuté par l’École du Titien. Autant de toiles que nous avons vues en projection à l’École du Louvre.
Il est difficile d’imaginer, à moins de le voir réellement, comment il est possible de contempler tant de trésors réunis, dans ce lieu, qui n’a pourtant rien de sacré. Je repense aux soupçons de Flora sur son mari et sa passion insatiable des objets d’art. Je me dis qu’il n’y a pas de lieu pour loger une folie : maison, musée, cellule, théâtre…

Nous pénétrons dans l’immense salon de réception. Une vingtaine de personnages illustrent une commedia dell’arte vivante.
Deux Casanova masqués : l’un se contente d’un masque noir et d’un grand chapeau noir, l’autre, poudré à frimas et coiffé d’une perruque bouclée, blond décoloré, est ambigu à souhait avec sa mouche au coin des lèvres.
Ici, une fée enrobée de tulle rose, là, un Arlequin à l’habit rapiécé multicolore.
Certains se sont grimés d’or et coiffés de plumes, d’autres se sont contentés de porter des masques classiques et se sont vêtus d’habits du soir.
À voir leur prestance et leur maintien, il est visible que nous côtoyons là, la jet-society. La qualité des vêtements n’est pas là pour démentir cette impression. Malgré les masques qui les cachent, la voix forte et assurée de l’homme qui parle dénote l’avocat, la carrure de son voisin, l’ambassadeur.
Je constate avec bonheur qu’il n’y a aucun Pierrot dans l’assemblée.



Une femme vêtue d’une robe d’or s’approche de moi. Une cape, comme un éventail de soie lui recouvre le dos. Elle a fait glisser le long de ses cheveux, des rubans tissés d’or. Un masque étincelant comme le restant de sa parure lui recouvre le visage. À sa manière de me prendre la main pour m’amener au centre de la pièce, je reconnais Flora.
De manière tout à fait inappropiée pour l’endroit, elle remonte sensuellement sa main qui se resserre bientôt sur mon sein, ses doigts s’impriment dans la chair. Elle se rapproche, se colle derrière moi, plaque son ventre sur mon dos, et, oubliant tout à fait l’assemblée, me prend l’autre sein avec son autre main. Sa bouche se pose sur mon cou, remonte pour mordiller l’oreille.
Elle me dit en tremblant.
« Louise ! Le seul contact de ma main sur tes seins, même au travers de l’étoffe, vient de me faire jouir. — Je te veux ! Oh, je te veux ! dit-elle fébrilement en se serrant plus fort contre moi.
— Eh bien ! Si je m’attendais à cela ! lance Maxence non pas tant choqué qu’extrêmement surpris. Je ne me suis douté de rien !
— De la part des femmes, mon cher Maxence, il faut s’attendre à tout ! s’exclame Aldo en s’éloignant.
Flora ne daigne pas l’entendre. Elle ne daigne pas non plus porter attention à l’assemblée qui nous entoure. Son envie de moi est trop forte, elle vient de franchir le mur de la raison. De toute manière, ils sont tous venus pour cela. Ils ne vont pas être déçus.

Sa langue entre dans le conduit de mon oreille. La brûlure humide qu’elle crée en moi, me prend un soupir voluptueux. Je renverse un peu plus la tête sur son épaule et la tourne davantage afin de permettre à sa langue d’en parcourir mieux le relief. La langue entre et sort de mon oreille, simulant presque un pénis entrant et sortant dans le fourreau féminin. Je me tords doucement de plaisir. Je ne remarque pas qu’à chaque coup de langue, s’installe le silence. Les mains de Flora m’enserrent toujours les seins, et toujours serrée contre elle, je jouis en silence alors que rien ni personne n’a encore touché ou même frôlé mon sexe.
Le silence s’est définitivement installé. Tous les regards convergent vers nous. Ma chasuble de Pierrot est large. Mes cheveux sont toujours emprisonnés sous la calotte brillante. Ils doivent se demander qui se cache sous l’habit. Cette femme vêtue d’or entreprend-elle un jeune garçon ou bien une femme ?
Le mystère crée le silence, à moins que ce ne soit l’inverse.
Une voix sortant d’une bouche sans visage se fait entendre.
« Il serait peut-être mieux nu. Qu’en pensez-vous ? »

Le « il » visiblement me désigne. Flora a compris et entendu la question. Elle sent par intuition l’énigme que se posent les convives sur le sexe du Pierrot. Elle est décidée à les faire languir, je suis complice.
Elle me pousse au centre de la pièce, ils font cercle autour de nous.
Son ventre est toujours collé à mon dos. Ses mains descendent sur mes hanches pour remonter sous la chasuble. Cachées par la soie noire, elles pétrissent mes seins, les emprisonnent.
« Pourquoi ta peau est-elle si douce, Louise ? Je t’aime. »
Je ne réponds pas et me laisse sculpter.
Les mains apparaissent enfin visibles et caressant, pour les spectateurs, la soie noire. Tous dardent leurs yeux pour tenter de voir si le tissu suit le modelé de seins féminins ou non.

Un à un, elle déboutonne les énormes boutons de la veste de Pierrot, qui font une large raie blanche au milieu de mon corps.
Délibérément, elle prend bien garde de ne pas dénuder les parties qui donneraient trop vite la réponse que tous se posent.
Le fait d’être regardées par tant d’yeux sans visages nous plaît. Nous en profitons et nous voulons qu’ils en profitent également. Nous tentons cependant de freiner la surexcitation de nos sens.
Flora se plante devant moi. Elle n’a pas encore écarté les pans de la chemise. Nous sommes de la même taille. Nos bouches s’effleurent, nos langues en sortent et se combattent en dehors de nos lèvres. Les spectateurs assistent à ce duel. Tandis que nos langues se caressent, Flora fait glisser sa main sous l’élastique du pantalon noir. Elle descend vers la toison velue. Nos sens s’affolent lorsqu’un doigt force mon intimité. Je cherche à embrasser plus fort, à goûter le palais, mais nous sommes gênées par nos deux masques qui s’affrontent. À la fois, protégées et emprisonnées. Je voudrais, d’un mouvement impétueux, les enlever. Mais la règle du jeu nous l’interdit. Nous avons le droit de nous dénuder, de tout révéler de notre corps, excepté notre visage.
À la manière d’un serpent, le doigt poursuit son cheminement au milieu de la voie tracée naturellement par le corps. Il ignore le clitoris pour aller se nicher au plus profond de la vulve. La jouissance est forte. L’un des spectateurs de la salle ne tait pas la jouissance que nous venons de provoquer en même temps en lui. Ému, un autre hurle presque.

« Déshabillez-le ! »

Sentant l’excitation atteindre le paroxysme, Flora délaisse à regret la vulve et s’écarte légèrement de moi pour pouvoir enlever, à la manière des personnages officiels qui soulève l’étoffe de la statue qu’ils inaugurent, le voile qui plane sur la nature de mon sexe.
Elle écarte lentement les pans de ma chasuble de Pierrot qui s’ouvrent pour découvrir mes seins.
Un murmure dans l’assemblée.
« Une femme ! Pierrot est une femme ! »
Le saisissement des spectateurs est tel qu’il transmet presque à Flora, la surprise, malgré les attouchements que nous venons de faire, de se trouver en présence d’une femme. Elle se voit tout à coup, femme aimant une autre femme. Le spectacle d’elle qu’elle est de train d’offrir en même temps que de se donner à elle-même, la fait frissonner. Sa passion pour moi et pour mon corps est telle, à présent, qu’elle est prête à tout renier de sa vie de femme consacrée exclusivement aux hommes. Elle éprouve même un certain plaisir à ce que, désormais, cela se sache. Me découvrir en se découvrant publiquement est un aveu qui lui procure un bonheur sans égal.
Sa fièvre envers moi ne fait qu’augmenter. Elle fait glisser le long de mon corps, la chasuble noire devenue inutile. Je ne fais rien pour la retenir, je me laisse dénuder, je laisse ses mains puis sa bouche me parcourir.
Je me tiens toujours debout, les jambes légèrement écartées, afin de donner plus d’assises aux jouissances que je m’apprête à recevoir.
Sa bouche embrasse chaque grain de ma peau, s’attarde sur les seins, les délaisse, revient pour les mordiller, les exciter de la pointe de la langue.
Elle arrive à la hauteur du nombril sous lequel se tient l’élastique qui retient le pantalon.
Au fur et à mesure qu’elle progresse dans sa découverte. Flora fait rouler sous ses doigts, l’élastique qui descend ainsi progressivement et me dénude peu à peu.



À la manière des vaincus qui se laissent glisser le long du mur de leur prison, Flora, vaincue par son trop grand désir de moi, s’affaisse à mes pieds. Sa bouche est à la hauteur du triangle pubien. Son haleine me brûle, mon souffle déchaîne en moi une tempête. Je sens sur mes cuisses ses tempes brûlantes.
Fais pénétrer ta langue, Flora. J’ai besoin d’elle.
Je ferme les yeux, l’hésitation de la bouche de Flora à la porte de mon corps, m’entraîne aux écluses d’une folie qui ne demande qu’à s’exprimer.
Flora ne m’écoute pas, de même que je n’écoute pas ma folie. Son rôle est de me déflorer, le mien est de me laisser faire, debout, avec la seule permission d’émettre mes jouissances lorsqu’elles se font trop denses.
Le pantalon est à mes pieds. Flora se relève et me prend par la main pour m’entrainer vers le divan qui est au milieu de la pièce. Je lève légèrement les pieds pour me dégager de la seule propriété qui me restait, mon pantalon. Car désormais, à partir de maintenant, je ne m’appartiendrai même plus. Je serai possédée par tous ces gens aux masques sans expression qui n’ont pas encore fait un geste, attendant que Flora ait terminé la présentation. Bientôt je ne serai plus maître de mon corps. Je ne vivrai plus que par le corps et le désir des autres. Cet abandon me comble. Je ne serai plus qu’un ventre fait pour l’amour.
Les yeux remplis de fièvre, Flora me demande de m’allonger sur le dos. D’une caresse douloureusement sensuelle tant le désir est grand, elle me dit.
« Je vais t’offrir à mes amis. »

Je ne réponds rien. Je la laisse maîtriser mon corps, le modeler dans la position qu’elle lui demande d’adopter.
Flora pose un coussin derrière ma tête et fermement, elle me prend les cuisses dans ses mains afin que je les repose pliées sur le rebord du divan. Elle m’écarte ensuite les genoux afin que tout le bas de mon ventre soit à découvert.
Avant de m’offrir à ses invités, Flora, prise d’une fièvre qui soudain la dépasse, brise les règles du jeu en enlevant son masque.
« Louise, mon désir de toi est trop grand pour que je puisse te prendre. Je veux être tous ces gens à la fois. Leurs mains posées sur toi seront les miennes. Les langues qui desserreront tes lèvres seront la mienne. Les pénis qui s’enfonceront dans ta bouche à te faire suffoquer seront le mien. Je te jouirai dans la bouche et tu me boiras. Je ne viendrai pas à ton secours, car je serai trop occupée à tenir ton corps entre mes genoux pour guider tes reins, à t’offrir à celui qui te transpercera et qui sera toujours moi.
Louise, ils te tâteront, t’enfonceront, te pétriront, t’inonderont, te submergeront, te feront verser des larmes, te combleront, et tout ceci sera mon œuvre…
Louise, tu te laisseras faire, n’est-ce pas ? » termine Flora en me mordillant fiévreusement l’oreille.
« Je veux jouir, lui dis-je au supplice. Fais-moi jouir. Demande-leur. »



Flora s’écarte de moi et remet son masque. Elle se place à mon côté, tout contre moi. Ses mains saisissent les lèvres de mon sexe pour les écarter au maximum. Le clitoris se dresse bien droit au-dessus de l’entrée de mon corps. Ce geste est le dernier qui me découvre et me dénude entièrement. Plus aucune partie de mon corps n’est cachée désormais. Il ne reste plus que les parités intérieures de moi que l’œil à lui seul n’est plus capable de découvrir. Seuls, un index, une langue, un pénis sont en mesure de les connaître.
Mes lèvres, distendues par les doigts de Flora me font souffrir. Elle me demande en plus de tourner un peu sur moi-même pour que chaque personne de l’assemblée puisse juger de la beauté de mon sexe. Ce geste est une invitation à me prendre.
Le cercle s’est restreint autour de moi. Je n’ai pas compté les hommes, mais il doit y en avoir une bonne quinzaine. Un peu moins de femmes, je crois.
Des mains commencent à se poser sur moi, et entreprennent la découverte de mon corps. Des mains qui se posent sur mes seins, qui caressent mon ventre, palpent les cuisses, les entrouvrent, les referment, des mains qui entrent dans la bouche, certaines me demandant d’enrouler ma langue autour des doigts, d’autres lui demandant de s’effacer pour reconnaître la profondeur du palais, la largeur des mâchoires. On me soulève, on me déplace, on m’identifie. On me saisit les hanches pour tester la souplesse de mes reins.

Au lieu de me donner la jouissance que j’attendais, toutes ces mains me glacent. Je suis secouée de violents frissons. Une panique m’étrangle. Ces mains, régies par des visages masqués m’apparaissent à présent comme des pantomimes de théâtre poudrés, qui me volent mon corps. J’ai peur. J’ai envie de fuir. Personne ne m’a encore prise, il n’est pas trop tard. Mais je suis glacée et mes membres ne réagissent pas à l’ordre de fuite que je leur donne.
J’essaie, lorsque les mains qui me prennent me le permettent, de me blottir contre le corps de Flora pour y retrouver la chaleur et l’humanité qui me manquent et que je réclame. Mais, imperturbable, elle se fait le chef d’orchestre de cette mascarade de personnages, survivants du Moyen-Age, de cette horde de valets, qui font l’assaut de mon corps.
J’ai tant voulu leur échapper, et j’ai tant recherché Flora, que je me retrouve à mon insu, assise sur ses genoux. Mais au lieu de m’apporter le réconfort que je lui demande, elle prend mes cuisses dans ses bras et m’écarte. Devinant ses intentions, je tente de résister, car je crois ne pas pouvoir supporter l’entrée d’un sexe dans mon ventre. Mais la position est bonne pour Flora qui peut me coincer contre sa poitrine et tirer mes cuisses vers elle avec plus de force.
« Ouvre-toi ! me dit-elle en me combattant. Si tu n’es pas consentante, ce sera un viol. Il est trop tard pour reculer. Tu ne peux plus revenir en arrière. »

Ses coudes sont sous mes genoux. Ses mains ont pris prise sur les lèvres de mon sexe qu’elle ouvre afin qu’un sexe puisse y pénétrer plus facilement.
J’ai mal. Mal de mes lèvres, mal de mon corps, mal de me donner à tous ces fantômes qui vont tous, les uns après les autres, me posséder.
Un homme s’approche de moi. Il extirpe de son pantalon un sexe énorme, long, massif. Flora le savait-elle ? Est-ce pour cette raison qu’elle l’a choisi pour frayer, pour la première fois ce soir, le passage aux autres sexes qui vont suivre ?
Elle l’attire sur mon corps. Je sens la lourdeur du pénis sur ma vulve trop grande ouverte. Mes chairs sont tellement tendues que ce contact me fait presque souffrir. Il se présente à l’entrée du vagin, mais Flora dévie sa course. Elle prend le sexe dans l’une de ses mains et le positionne à l’entrée de l’anus. L’homme hésite. Visiblement il n’était pas dans son idée de me prendre par cette voie-là. Je le supplie des yeux pour qu’il refuse, mais je le vois aussitôt accepter la proposition.
Je tourne la tête et je me débats.
« Non, pas ça ! Je vous en supplie. Non, je ne veux pas. Je ferai tout ce que vous voudrez, mais pas cela. Non, je ne veux pas ! »
Personne ne m’écoute, comme si j’étais un détail sans importance. Flora me dresse et me pousse vers le pieu de chair. D’un coup de rein, elle m’empale sur l’homme qui vient de donner le même coup de reins en sens inverse.
Le phallus sec et brutal me transperce. Je pousse un cri. La douleur me coupe le souffle, je n’ai plus la force de me débattre.
Comme s’ils faisaient l’amour ensemble, sans se soucier de moi qui suis au milieu d’eux, Flora et l’homme donnent des coups de reins pour faire aller et venir le pénis, l’homme pour se procurer du plaisir dans ce canal qui l’enserre étroitement, Flora, pour étirer et assouplir les fibres intérieures, afin qu’elles puissent sans doute, accueillir d’autres hommes.
L’homme soudain se déchaîne. Il ne se contient plus pour pousser des cris. Le pieu entre de plus en plus rapidement et de plus en plus profondément. Alors qu’il se trouve tout au bout, il se cambre et déverse son sperme. Les parois de mon anus s’humidifient, ce qui me plonge dans un soulagement délicieux, un bien-être même, après cette brutale intrusion dans mon corps non préparé.



Une fois son plaisir terminé, l’homme, toujours sans se soucier de moi, se retire. Flora me maintient toujours contre elle, mais la pression qu’elle exerce sur moi est moins forte. Elle me sent un peu vaincue par ce qui vient de se passer, ce qui lui permet de desserrer son étreinte.
En parlant toujours par geste, elle m’écarte d’une manière imperceptible les cuisses, invitant ainsi un autre homme.
De la même façon, le nouveau venu se plante devant moi avant d’extirper son sexe de son pantalon. Le membre est moins long, mais tout aussi épais et trapu. Flora entrouvre ma fente afin de lui faire comprendre que cette fois-ci, elle entend que la pénétration se passe dans le vagin.
L’homme se penche vers moi et me saisit par les hanches pour avoir plus d’emprise. La douleur me tient toujours au ventre. Cette deuxième pénétration, faite comme la première, sans ménagement, me fait tressaillir. Mais je mets un point d’honneur à ne pas gémir.
Il me force et se taille un chemin à sa grandeur. Je ne peux empêcher mes larmes de couler.
Le pénis n’a de cesse de s’enfoncer plus profondément. Lorsqu’il est au bout du ventre, il commence à marteler.
Ai-je donc été folle à ce point d’accepter d’être le réceptacle de toutes leurs jouissances ?

L’homme s’agrippe toujours à mes hanches. Ses ongles s’enfoncent dans ma chair et me déchirent. Et tous ces inconnus qui me regardent être prise et qui attendent sagement leur tour !
Le pénis m’écartèle, mon fourreau s’adapte à lui. Mais alors que la douleur n’a pas encore cédé le pas à la jouissance, l’homme pour mieux s’éprouver, se met à se mouvoir de droite à gauche à l’intérieur de mon ventre. Son gland aboutit et se cogne de chaque côté et non au fond.
Ce martèlement régulier explosant sur tout le parcours de mon vagin m’arrache des soupirs. J’ai l’impression d’être transpercée par mille sexes qui ne font aucun cas du canal naturel de mon corps et qui se cognent partout à la fois.
Je renverse ma tête en arrière sur l’épaule de Flora. Je sens sous mon corps vibrer le sien. Elle respire dans mon cou les effluves de mes gémissements.
De la sentir ainsi, jouir de mes propres plaisirs me fait jouir à mon tour. Je me surprends à me tendre pour mieux goûter le martèlement du sexe qui n’en finit pas de me marteler. Chaque coup de boutoir m’arrache une plainte langoureuse. Et je suis heureuse non seulement parce que je jouis. Mais aussi parce que je sais que chaque gémissement que j’émets lui donne la jouissance.
Elle me dit :
« Ouvre ta bouche. Ce monsieur a envie d’elle. Donne-la-lui. »
Elle me fait tourner la tête, et, toujours décideur de mon corps, m’entrouvre les lèvres de ses doigts, m’écarte les dents.
L’homme a le ventre nu. Il a fait glisser son pantalon…

Retrouvez la suite dans  Les madones de Venise !


Le Plaisir brut - Les érotiquesPour ce nouveau titre des Nouvelles Amazones, c’est Audrey Seurat qui nous emmène outre-atlantique, pour une aventure torride et débridée au cœur des derricks et des champs de pétrole du Mexique.
Au menu, une rencontre amoureuse avec la jeune Encarnacion, avec qui Audrey « prends un plaisir indéniable à caresser sa peau douce, à découvrir le velours de son pubis encore jeune, à frôler la découpure sensible de son sexe, à caresser ses fesses et ses cuisses, à revenir vers ses seins que je touche à peine, mais qui m’excitent un peu ». Mais aussi une orgie extatique arrosée d’un mezcal un peu particulier, un séjour dans une prison de femmes avec des geôlières à l’imagination débordante. Bref une aventure libertine sous le soleil du désert mexicain pour un baril de plaisir brut !

Pour vous mettre en bouche, voici un extrait où Audrey, prise d’une folle envie de sexe, décide de monter au 7e ciel dans un avion…

J’espère que vous prendrai du plaisir à lire cette histoire !

Léa

L’Amour au 7e ciel !

Onze heures arrivent vite. La piste de décollage file sous l’aile gauche de l’avion. Le ciel, d’un bleu superbe, nous aspire. Minuscule, Mexico s’évapore.Une soudaine envie de faire l’amour me prend.

« N’y a-t-il pas un endroit… intime dans cet avion ?

— Intime ?

— Oui, une sorte de salon comme dans les Boeing 747.

— Je crains que le seul endroit intime de cet appareil ne soit les toilettes !

— Avez-vous déjà fait l’amour dans les toilettes d’un avion, Sean ? »

Sans attendre sa réponse, je me lève, le prends par une main et l’entraîne derrière moi. Le frémissement sexuel s’accentue au creux de mes reins et l’idée de s’aimer dans un lieu si peu romantique pimente davantage cette audacieuse et charmante perspective.

« Vous ne voulez tout de même pas faire l’amour dans ce petit réduit mal commode !

— Si.

— Audrey, voyons, nous ne…

— Cessez de jouer les adolescents ! J’ai du mal à croire que cela ne vous excite pas. Vous en avez certainement déjà eu le fantasme ! »

Une petite fille grassouillette sort du « petit coin » et file vers sa place sans même remarquer que je pousse mon ami dans les w.c. avant d’y entrer moi-même.

« Alors, vous voyez bien que c’est impossible !

— Impossible ?

— Oh ! je sais : impossible n’est pas français !

— Non, je pensais simplement que l’impossible est une chose qui me séduit toujours énormément. Même si en fin de compte, je me rends effectivement à l’évidence. »

Doucement, je me colle contre mon amant et l’embrasse. Mon désir est peut-être coquin, le sien n’est certes pas pur. Ma main droite glisse sans gêne sous le pantalon peu serré pour découvrir la force virile qui frémit davantage sous la tiédeur de mes doigts.

« Je savais bien que l’idée vous exciterait !

— Et si quelqu’un venait, Audrey ?

— À trois, nous ne tiendrons jamais là-dedans ! Il attendra, voilà tout ! »

Le couvercle de la cuvette est rabattu.

Délicatement, je me laisse couler contre Sean tout en défaisant la braguette de son pantalon. Le vêtement s’abaisse lentement, dénudant le sexe orgueilleux, sensible, chaud. Mes lèvres s’appuient un bref instant à l’extrémité de la verge tendue. Mes doigts s’accrochent aux poils en désordre et déclenchent d’autres impressions plus profondes qui durcissent davantage l’érection. Mes muqueuses attrapent la hampe palpitante et rampent jusqu’à la racine du pénis pour déposer un baiser humide sur une glande génitale.

Silence. Mon cœur semble battre plus fort qu’à l’ordinaire. La respiration de Sean est irrégulière.

Je pousse gentiment mon amant pour qu’il s’installe sur le siège froid. Les cuisses se desserrent. Le phallus se dresse. Les testicules se contractent.

Ma bouche revient encore au bout du sexe, prenant cette fois le gland tout entier pour le mouiller, l’exciter davantage, le goûter. Mes dents s’accrochent à peine à la couronne sensible et je libère l’organe magique que j’ai envie de sentir vibrer en moi.

Je me relève.

Sean ne paraît plus gêné, à présent. Figure ridicule de revues érotiques qui devient soudain un geste simple parce que désiré.

Je retire carrément mon pantalon et le pose sur la poignée chromée de la porte. Au bas de mon ventre, la douce toison frissonne. Plus bas encore, le noyau de mon sexe bouillonne. Sean me regarde dans les yeux, mais je sens son esprit se promener sur tout mon corps. La marque de ses baisers passés est encore sur ma peau. J’écarte les jambes en me pliant un peu pour m’asseoir sur les cuisses velues.

« Ce n’est…

— Chut ! »

Pourquoi faut-il que les hommes éprouvent le besoin de parler lorsque le dialogue sexuel s’engage ? La conversation des épidermes est bien plus éloquente.

Entre son ventre légèrement rebondi et mon abdomen plat et soyeux, le pénis oscille doucement, arbre d’amour prêt à s’exprimer.

Je me presse un peu plus contre Sean, balançant mon corps latéralement pour sentir la présence puissante tout près de mon nombril. Une brûlure délicieuse qui m’enivre étrangement. J’ai envie de sentir son sang puiser en moi, mais je veux attendre encore un peu pour que le désir atteigne son paroxysme, pour que le besoin l’un de l’autre soit impérieux, fou, monstrueux, vital.

Sean m’embrasse. Il ne ferme pas les yeux, comme s’il voulait découvrir la progression naturelle de notre étreinte, comme s’il voulait voir avant de ressentir.

Sa bouche s’aventure sur le tee-shirt jusqu’à rencontrer les formes pulpeuses de mes seins. La chaleur de son souffle baigne mes tétons, la puissance de ses dents agresse délicieusement mes mamelles. Je crierais bien. Je me l’interdis. L’érotisme en ce lieu doit être silencieux, secret. Pourtant, j’aimerais que tous les passagers de cet avion devenu soudain navire céleste sachent qu’à l’arrière du vaisseau, dans un cocon métallique, deux êtres s’aiment.

Je me relève.



Le gland frôle les replis écartés de mon sexe, caressant la boule enflée du clitoris qui semble s’accrocher à la chair masculine pour s’y greffer.

Lentement, je m’assois à nouveau sur les cuisses de mon amant, emprisonnant sa verge dans ma vulve, m’abreuvant à sa puissance, lui communiquant ma force. Un instant, je demeure immobile pour ressentir pleinement les palpitations accrues du pénis caché en moi. Les contractions des parois de mon vagin suffisent amplement à m’offrir des sensations superbes qui progresseraient sans doute vers l’orgasme si l’on avait le temps de s’aimer longuement ici.

Sean me prend par la taille et m’anime.

Un balancement léger. Je me fais douce, aimante, amante, maîtresse.

Le ballet sexuel évolue capricieusement, accélérant ses figures, parfois, ralentissant son étreinte, souvent. Peu à peu, les chairs se fondent pour ne plus constituer qu’un seul corps prêt à jouir. Une humidité délicieuse suinte de nos pores. Frénésie subtile, ardeur fragile, volupté nécessaire. Nous ne nous connaissions pas et nous savons tout l’un de l’autre à présent, tout pendant l’instant du coït, pendant l’acte d’amour. Après, il faudra encore apprendre car nous ne saurons plus rien.

La cadence s’affole. Le cœur s’arrête. Le corps se hâte pour gagner la course et trouver les trésors.

Une convulsion unique, mille frissons, un cri retenu, les ongles qui s’enfoncent, la verge qui s’immobilise comme broyée par la vulve, la sève qui coule et se mêle à la sève, le sang qui n’afflue pas tout à fait comme avant.

Il me regarde.

Ma bouche tremble sans doute, comme toujours lorsque le plaisir m’a comblée. Un million d’étincelles font briller mes yeux déjà malicieux par nature et l’on devine que je ne veux pas interrompre tout de suite l’union charnelle. Le mont de Vénus frissonne contre la petite rondeur abdominale de mon compagnon. En moi, le pénis diminue lentement sa pression comme s’il voulait se libérer.

« Embrasse-moi. »