Chers amis lecteurs,

Voici un extrait d’une fête très particulière à laquelle Louise, l’auteur des Madones de Venise a participé quand elle était en Italie. Elle a un peu romancé, mais l’orgie a bien eu lieu.

J’espère que cette histoire vous excitera…

Baci,

Léa

Orgie vénitienne

Nous ne sommes pas pressées de descendre. Nous entendons déjà de notre chambre le brouhaha des voix des invités qui viennent d’arriver.
Nous avons pris, Max et moi, notre bain ensemble. J’avais besoin, après cette folle jouissance vécue avec Flora de recouvrer une certaine quiétude de mon corps. La vapeur du bain, les doux massages de Maxence me l’ont fait retrouver.
En sortant de la salle de bains, Maxence m’a allongée sur le lit. Il s’est couché sur moi, et nous avons fait l’amour ensemble, comme des milliers de gens sur la terre. Et c’était bon.
Il a labouré mon ventre un long moment. Doucement. Il n’y a eu aucun affolement dans nos deux corps. La quiétude et le bonheur de sentir simplement nos deux sexes insérés l’un dans l’autre, se quitter pour se retrouver ensuite. Délicieusement bon de rythmer les battements du cœur au martèlement du sexe viril, de ne plus penser qu’à lui. De se laisser flotter. Délicieusement bon de jouir en silence, dans l’apaisement des sens qui, d’ordinaire, fusent de tous côtés.
J’ai voulu garder le sperme en moi, afin de conserver et de prolonger encore le goût de l’amour. Présence discrète au sein de mon ventre, simplement connue de moi, insoupçonnable, même au milieu d’une foule dense.



Maxence s’est finalement trouvé un costume qui lui va bien. Une redingote bordeaux sur laquelle sont cousus des gros boutons dorés. Un galon de tissu précieux, jaune, bordé d’un liseret jaune et rouge sur lequel se dessinent des écussons symbolisant on ne sait quelle noblesse, suit le revers visible de la veste et se poursuit dans le cou. Il porte dessous, un jabot blanc en dentelles.
Il s’est coiffé d’une tricorne noir, a relevé le col de sa redingote et s’est caché le visage sous un masque couleur terre cuite qui épouse son nez, recouvre sa bouche.. Seuls ses yeux bleu cristal, qui regardent au travers des petits trous prévus pour voir sans être vu, permettent de l’identifier.
« Tu as l’air d’un mystérieux aventurier, ou d’un capitaine au long cours, tout aussi mystérieux.
— Non. Je suis un abominable malandrin ! dit-il en grondant pour me faire peur. Je suis un voleur de Pierrot, poursuivit-il en m’entourant de ses bras.
— Tant que tu ne te sens pas l’âme d’un violeur de Pierrot ! » dis-je en riant et en me dégageant.

Je jette un dernier coup d’œil dans le miroir avant de descendre.
« Inutile, tu es délicieusement belle ! » dit Max admiratif.
J’ai remonté mes cheveux sur la tête afin qu’aucun ne dépasse de la calotte noire sur laquelle ont été cousues d’innombrables paillettes argentées. À la manière des Pierrots, j’ai enfilé une large chasuble noire, sur un pantalon en soie noire également. J’ai posé en guise de col, tout autour de mon cou, une collerette de tulle blanc.
J’ai fardé mes paupières de paillettes argentées et je n’ai pas voulu faire couler sur mes joues, la larme du Pierrot. Je l’ai transformée en étoiles scintillantes que j’ai parsemées ça et là sur mon visage. Maquillage sans doute inutile puisque la tradition du Carnaval exige que chacun porte un masque. Le mien est blanc. Il est plus petit que celui de Maxence, il s’arrête juste au-dessous du nez et laisse ma bouche découverte.

Contrairement au rez-de-chaussée, baigné dans la lumière des lustres de cristal et des chandeliers, les étages et l’escalier sont plongés dans la pénombre.
Tout au long de la rampe qui longe le premier étage, luisent doucement dans le clair-obscur sur les meubles de bois bien cirés, des objets lourds en argent massif. Les étoffes et les tentures qui sont accrochées aux murs de pierre sont également lourdes, et malgré leur âge et leur usure, mettent encore en relief les scènes de chasse qui s’y déroulent.
Au fur et à mesure que nous descendons l’escalier, nous découvrons des toiles splendides, encadrées dans de larges cadres sculptés en bois peint couleur or, dignes de figurer dans les plus beaux musées du monde. Je crois reconnaître ici La tentation de saint Antoine signée Tintoret, là, Le sacrifice d’Abraham, probablement exécuté par l’École du Titien. Autant de toiles que nous avons vues en projection à l’École du Louvre.
Il est difficile d’imaginer, à moins de le voir réellement, comment il est possible de contempler tant de trésors réunis, dans ce lieu, qui n’a pourtant rien de sacré. Je repense aux soupçons de Flora sur son mari et sa passion insatiable des objets d’art. Je me dis qu’il n’y a pas de lieu pour loger une folie : maison, musée, cellule, théâtre…

Nous pénétrons dans l’immense salon de réception. Une vingtaine de personnages illustrent une commedia dell’arte vivante.
Deux Casanova masqués : l’un se contente d’un masque noir et d’un grand chapeau noir, l’autre, poudré à frimas et coiffé d’une perruque bouclée, blond décoloré, est ambigu à souhait avec sa mouche au coin des lèvres.
Ici, une fée enrobée de tulle rose, là, un Arlequin à l’habit rapiécé multicolore.
Certains se sont grimés d’or et coiffés de plumes, d’autres se sont contentés de porter des masques classiques et se sont vêtus d’habits du soir.
À voir leur prestance et leur maintien, il est visible que nous côtoyons là, la jet-society. La qualité des vêtements n’est pas là pour démentir cette impression. Malgré les masques qui les cachent, la voix forte et assurée de l’homme qui parle dénote l’avocat, la carrure de son voisin, l’ambassadeur.
Je constate avec bonheur qu’il n’y a aucun Pierrot dans l’assemblée.



Une femme vêtue d’une robe d’or s’approche de moi. Une cape, comme un éventail de soie lui recouvre le dos. Elle a fait glisser le long de ses cheveux, des rubans tissés d’or. Un masque étincelant comme le restant de sa parure lui recouvre le visage. À sa manière de me prendre la main pour m’amener au centre de la pièce, je reconnais Flora.
De manière tout à fait inappropiée pour l’endroit, elle remonte sensuellement sa main qui se resserre bientôt sur mon sein, ses doigts s’impriment dans la chair. Elle se rapproche, se colle derrière moi, plaque son ventre sur mon dos, et, oubliant tout à fait l’assemblée, me prend l’autre sein avec son autre main. Sa bouche se pose sur mon cou, remonte pour mordiller l’oreille.
Elle me dit en tremblant.
« Louise ! Le seul contact de ma main sur tes seins, même au travers de l’étoffe, vient de me faire jouir. — Je te veux ! Oh, je te veux ! dit-elle fébrilement en se serrant plus fort contre moi.
— Eh bien ! Si je m’attendais à cela ! lance Maxence non pas tant choqué qu’extrêmement surpris. Je ne me suis douté de rien !
— De la part des femmes, mon cher Maxence, il faut s’attendre à tout ! s’exclame Aldo en s’éloignant.
Flora ne daigne pas l’entendre. Elle ne daigne pas non plus porter attention à l’assemblée qui nous entoure. Son envie de moi est trop forte, elle vient de franchir le mur de la raison. De toute manière, ils sont tous venus pour cela. Ils ne vont pas être déçus.

Sa langue entre dans le conduit de mon oreille. La brûlure humide qu’elle crée en moi, me prend un soupir voluptueux. Je renverse un peu plus la tête sur son épaule et la tourne davantage afin de permettre à sa langue d’en parcourir mieux le relief. La langue entre et sort de mon oreille, simulant presque un pénis entrant et sortant dans le fourreau féminin. Je me tords doucement de plaisir. Je ne remarque pas qu’à chaque coup de langue, s’installe le silence. Les mains de Flora m’enserrent toujours les seins, et toujours serrée contre elle, je jouis en silence alors que rien ni personne n’a encore touché ou même frôlé mon sexe.
Le silence s’est définitivement installé. Tous les regards convergent vers nous. Ma chasuble de Pierrot est large. Mes cheveux sont toujours emprisonnés sous la calotte brillante. Ils doivent se demander qui se cache sous l’habit. Cette femme vêtue d’or entreprend-elle un jeune garçon ou bien une femme ?
Le mystère crée le silence, à moins que ce ne soit l’inverse.
Une voix sortant d’une bouche sans visage se fait entendre.
« Il serait peut-être mieux nu. Qu’en pensez-vous ? »

Le « il » visiblement me désigne. Flora a compris et entendu la question. Elle sent par intuition l’énigme que se posent les convives sur le sexe du Pierrot. Elle est décidée à les faire languir, je suis complice.
Elle me pousse au centre de la pièce, ils font cercle autour de nous.
Son ventre est toujours collé à mon dos. Ses mains descendent sur mes hanches pour remonter sous la chasuble. Cachées par la soie noire, elles pétrissent mes seins, les emprisonnent.
« Pourquoi ta peau est-elle si douce, Louise ? Je t’aime. »
Je ne réponds pas et me laisse sculpter.
Les mains apparaissent enfin visibles et caressant, pour les spectateurs, la soie noire. Tous dardent leurs yeux pour tenter de voir si le tissu suit le modelé de seins féminins ou non.

Un à un, elle déboutonne les énormes boutons de la veste de Pierrot, qui font une large raie blanche au milieu de mon corps.
Délibérément, elle prend bien garde de ne pas dénuder les parties qui donneraient trop vite la réponse que tous se posent.
Le fait d’être regardées par tant d’yeux sans visages nous plaît. Nous en profitons et nous voulons qu’ils en profitent également. Nous tentons cependant de freiner la surexcitation de nos sens.
Flora se plante devant moi. Elle n’a pas encore écarté les pans de la chemise. Nous sommes de la même taille. Nos bouches s’effleurent, nos langues en sortent et se combattent en dehors de nos lèvres. Les spectateurs assistent à ce duel. Tandis que nos langues se caressent, Flora fait glisser sa main sous l’élastique du pantalon noir. Elle descend vers la toison velue. Nos sens s’affolent lorsqu’un doigt force mon intimité. Je cherche à embrasser plus fort, à goûter le palais, mais nous sommes gênées par nos deux masques qui s’affrontent. À la fois, protégées et emprisonnées. Je voudrais, d’un mouvement impétueux, les enlever. Mais la règle du jeu nous l’interdit. Nous avons le droit de nous dénuder, de tout révéler de notre corps, excepté notre visage.
À la manière d’un serpent, le doigt poursuit son cheminement au milieu de la voie tracée naturellement par le corps. Il ignore le clitoris pour aller se nicher au plus profond de la vulve. La jouissance est forte. L’un des spectateurs de la salle ne tait pas la jouissance que nous venons de provoquer en même temps en lui. Ému, un autre hurle presque.

« Déshabillez-le ! »

Sentant l’excitation atteindre le paroxysme, Flora délaisse à regret la vulve et s’écarte légèrement de moi pour pouvoir enlever, à la manière des personnages officiels qui soulève l’étoffe de la statue qu’ils inaugurent, le voile qui plane sur la nature de mon sexe.
Elle écarte lentement les pans de ma chasuble de Pierrot qui s’ouvrent pour découvrir mes seins.
Un murmure dans l’assemblée.
« Une femme ! Pierrot est une femme ! »
Le saisissement des spectateurs est tel qu’il transmet presque à Flora, la surprise, malgré les attouchements que nous venons de faire, de se trouver en présence d’une femme. Elle se voit tout à coup, femme aimant une autre femme. Le spectacle d’elle qu’elle est de train d’offrir en même temps que de se donner à elle-même, la fait frissonner. Sa passion pour moi et pour mon corps est telle, à présent, qu’elle est prête à tout renier de sa vie de femme consacrée exclusivement aux hommes. Elle éprouve même un certain plaisir à ce que, désormais, cela se sache. Me découvrir en se découvrant publiquement est un aveu qui lui procure un bonheur sans égal.
Sa fièvre envers moi ne fait qu’augmenter. Elle fait glisser le long de mon corps, la chasuble noire devenue inutile. Je ne fais rien pour la retenir, je me laisse dénuder, je laisse ses mains puis sa bouche me parcourir.
Je me tiens toujours debout, les jambes légèrement écartées, afin de donner plus d’assises aux jouissances que je m’apprête à recevoir.
Sa bouche embrasse chaque grain de ma peau, s’attarde sur les seins, les délaisse, revient pour les mordiller, les exciter de la pointe de la langue.
Elle arrive à la hauteur du nombril sous lequel se tient l’élastique qui retient le pantalon.
Au fur et à mesure qu’elle progresse dans sa découverte. Flora fait rouler sous ses doigts, l’élastique qui descend ainsi progressivement et me dénude peu à peu.



À la manière des vaincus qui se laissent glisser le long du mur de leur prison, Flora, vaincue par son trop grand désir de moi, s’affaisse à mes pieds. Sa bouche est à la hauteur du triangle pubien. Son haleine me brûle, mon souffle déchaîne en moi une tempête. Je sens sur mes cuisses ses tempes brûlantes.
Fais pénétrer ta langue, Flora. J’ai besoin d’elle.
Je ferme les yeux, l’hésitation de la bouche de Flora à la porte de mon corps, m’entraîne aux écluses d’une folie qui ne demande qu’à s’exprimer.
Flora ne m’écoute pas, de même que je n’écoute pas ma folie. Son rôle est de me déflorer, le mien est de me laisser faire, debout, avec la seule permission d’émettre mes jouissances lorsqu’elles se font trop denses.
Le pantalon est à mes pieds. Flora se relève et me prend par la main pour m’entrainer vers le divan qui est au milieu de la pièce. Je lève légèrement les pieds pour me dégager de la seule propriété qui me restait, mon pantalon. Car désormais, à partir de maintenant, je ne m’appartiendrai même plus. Je serai possédée par tous ces gens aux masques sans expression qui n’ont pas encore fait un geste, attendant que Flora ait terminé la présentation. Bientôt je ne serai plus maître de mon corps. Je ne vivrai plus que par le corps et le désir des autres. Cet abandon me comble. Je ne serai plus qu’un ventre fait pour l’amour.
Les yeux remplis de fièvre, Flora me demande de m’allonger sur le dos. D’une caresse douloureusement sensuelle tant le désir est grand, elle me dit.
« Je vais t’offrir à mes amis. »

Je ne réponds rien. Je la laisse maîtriser mon corps, le modeler dans la position qu’elle lui demande d’adopter.
Flora pose un coussin derrière ma tête et fermement, elle me prend les cuisses dans ses mains afin que je les repose pliées sur le rebord du divan. Elle m’écarte ensuite les genoux afin que tout le bas de mon ventre soit à découvert.
Avant de m’offrir à ses invités, Flora, prise d’une fièvre qui soudain la dépasse, brise les règles du jeu en enlevant son masque.
« Louise, mon désir de toi est trop grand pour que je puisse te prendre. Je veux être tous ces gens à la fois. Leurs mains posées sur toi seront les miennes. Les langues qui desserreront tes lèvres seront la mienne. Les pénis qui s’enfonceront dans ta bouche à te faire suffoquer seront le mien. Je te jouirai dans la bouche et tu me boiras. Je ne viendrai pas à ton secours, car je serai trop occupée à tenir ton corps entre mes genoux pour guider tes reins, à t’offrir à celui qui te transpercera et qui sera toujours moi.
Louise, ils te tâteront, t’enfonceront, te pétriront, t’inonderont, te submergeront, te feront verser des larmes, te combleront, et tout ceci sera mon œuvre…
Louise, tu te laisseras faire, n’est-ce pas ? » termine Flora en me mordillant fiévreusement l’oreille.
« Je veux jouir, lui dis-je au supplice. Fais-moi jouir. Demande-leur. »



Flora s’écarte de moi et remet son masque. Elle se place à mon côté, tout contre moi. Ses mains saisissent les lèvres de mon sexe pour les écarter au maximum. Le clitoris se dresse bien droit au-dessus de l’entrée de mon corps. Ce geste est le dernier qui me découvre et me dénude entièrement. Plus aucune partie de mon corps n’est cachée désormais. Il ne reste plus que les parités intérieures de moi que l’œil à lui seul n’est plus capable de découvrir. Seuls, un index, une langue, un pénis sont en mesure de les connaître.
Mes lèvres, distendues par les doigts de Flora me font souffrir. Elle me demande en plus de tourner un peu sur moi-même pour que chaque personne de l’assemblée puisse juger de la beauté de mon sexe. Ce geste est une invitation à me prendre.
Le cercle s’est restreint autour de moi. Je n’ai pas compté les hommes, mais il doit y en avoir une bonne quinzaine. Un peu moins de femmes, je crois.
Des mains commencent à se poser sur moi, et entreprennent la découverte de mon corps. Des mains qui se posent sur mes seins, qui caressent mon ventre, palpent les cuisses, les entrouvrent, les referment, des mains qui entrent dans la bouche, certaines me demandant d’enrouler ma langue autour des doigts, d’autres lui demandant de s’effacer pour reconnaître la profondeur du palais, la largeur des mâchoires. On me soulève, on me déplace, on m’identifie. On me saisit les hanches pour tester la souplesse de mes reins.

Au lieu de me donner la jouissance que j’attendais, toutes ces mains me glacent. Je suis secouée de violents frissons. Une panique m’étrangle. Ces mains, régies par des visages masqués m’apparaissent à présent comme des pantomimes de théâtre poudrés, qui me volent mon corps. J’ai peur. J’ai envie de fuir. Personne ne m’a encore prise, il n’est pas trop tard. Mais je suis glacée et mes membres ne réagissent pas à l’ordre de fuite que je leur donne.
J’essaie, lorsque les mains qui me prennent me le permettent, de me blottir contre le corps de Flora pour y retrouver la chaleur et l’humanité qui me manquent et que je réclame. Mais, imperturbable, elle se fait le chef d’orchestre de cette mascarade de personnages, survivants du Moyen-Age, de cette horde de valets, qui font l’assaut de mon corps.
J’ai tant voulu leur échapper, et j’ai tant recherché Flora, que je me retrouve à mon insu, assise sur ses genoux. Mais au lieu de m’apporter le réconfort que je lui demande, elle prend mes cuisses dans ses bras et m’écarte. Devinant ses intentions, je tente de résister, car je crois ne pas pouvoir supporter l’entrée d’un sexe dans mon ventre. Mais la position est bonne pour Flora qui peut me coincer contre sa poitrine et tirer mes cuisses vers elle avec plus de force.
« Ouvre-toi ! me dit-elle en me combattant. Si tu n’es pas consentante, ce sera un viol. Il est trop tard pour reculer. Tu ne peux plus revenir en arrière. »

Ses coudes sont sous mes genoux. Ses mains ont pris prise sur les lèvres de mon sexe qu’elle ouvre afin qu’un sexe puisse y pénétrer plus facilement.
J’ai mal. Mal de mes lèvres, mal de mon corps, mal de me donner à tous ces fantômes qui vont tous, les uns après les autres, me posséder.
Un homme s’approche de moi. Il extirpe de son pantalon un sexe énorme, long, massif. Flora le savait-elle ? Est-ce pour cette raison qu’elle l’a choisi pour frayer, pour la première fois ce soir, le passage aux autres sexes qui vont suivre ?
Elle l’attire sur mon corps. Je sens la lourdeur du pénis sur ma vulve trop grande ouverte. Mes chairs sont tellement tendues que ce contact me fait presque souffrir. Il se présente à l’entrée du vagin, mais Flora dévie sa course. Elle prend le sexe dans l’une de ses mains et le positionne à l’entrée de l’anus. L’homme hésite. Visiblement il n’était pas dans son idée de me prendre par cette voie-là. Je le supplie des yeux pour qu’il refuse, mais je le vois aussitôt accepter la proposition.
Je tourne la tête et je me débats.
« Non, pas ça ! Je vous en supplie. Non, je ne veux pas. Je ferai tout ce que vous voudrez, mais pas cela. Non, je ne veux pas ! »
Personne ne m’écoute, comme si j’étais un détail sans importance. Flora me dresse et me pousse vers le pieu de chair. D’un coup de rein, elle m’empale sur l’homme qui vient de donner le même coup de reins en sens inverse.
Le phallus sec et brutal me transperce. Je pousse un cri. La douleur me coupe le souffle, je n’ai plus la force de me débattre.
Comme s’ils faisaient l’amour ensemble, sans se soucier de moi qui suis au milieu d’eux, Flora et l’homme donnent des coups de reins pour faire aller et venir le pénis, l’homme pour se procurer du plaisir dans ce canal qui l’enserre étroitement, Flora, pour étirer et assouplir les fibres intérieures, afin qu’elles puissent sans doute, accueillir d’autres hommes.
L’homme soudain se déchaîne. Il ne se contient plus pour pousser des cris. Le pieu entre de plus en plus rapidement et de plus en plus profondément. Alors qu’il se trouve tout au bout, il se cambre et déverse son sperme. Les parois de mon anus s’humidifient, ce qui me plonge dans un soulagement délicieux, un bien-être même, après cette brutale intrusion dans mon corps non préparé.



Une fois son plaisir terminé, l’homme, toujours sans se soucier de moi, se retire. Flora me maintient toujours contre elle, mais la pression qu’elle exerce sur moi est moins forte. Elle me sent un peu vaincue par ce qui vient de se passer, ce qui lui permet de desserrer son étreinte.
En parlant toujours par geste, elle m’écarte d’une manière imperceptible les cuisses, invitant ainsi un autre homme.
De la même façon, le nouveau venu se plante devant moi avant d’extirper son sexe de son pantalon. Le membre est moins long, mais tout aussi épais et trapu. Flora entrouvre ma fente afin de lui faire comprendre que cette fois-ci, elle entend que la pénétration se passe dans le vagin.
L’homme se penche vers moi et me saisit par les hanches pour avoir plus d’emprise. La douleur me tient toujours au ventre. Cette deuxième pénétration, faite comme la première, sans ménagement, me fait tressaillir. Mais je mets un point d’honneur à ne pas gémir.
Il me force et se taille un chemin à sa grandeur. Je ne peux empêcher mes larmes de couler.
Le pénis n’a de cesse de s’enfoncer plus profondément. Lorsqu’il est au bout du ventre, il commence à marteler.
Ai-je donc été folle à ce point d’accepter d’être le réceptacle de toutes leurs jouissances ?

L’homme s’agrippe toujours à mes hanches. Ses ongles s’enfoncent dans ma chair et me déchirent. Et tous ces inconnus qui me regardent être prise et qui attendent sagement leur tour !
Le pénis m’écartèle, mon fourreau s’adapte à lui. Mais alors que la douleur n’a pas encore cédé le pas à la jouissance, l’homme pour mieux s’éprouver, se met à se mouvoir de droite à gauche à l’intérieur de mon ventre. Son gland aboutit et se cogne de chaque côté et non au fond.
Ce martèlement régulier explosant sur tout le parcours de mon vagin m’arrache des soupirs. J’ai l’impression d’être transpercée par mille sexes qui ne font aucun cas du canal naturel de mon corps et qui se cognent partout à la fois.
Je renverse ma tête en arrière sur l’épaule de Flora. Je sens sous mon corps vibrer le sien. Elle respire dans mon cou les effluves de mes gémissements.
De la sentir ainsi, jouir de mes propres plaisirs me fait jouir à mon tour. Je me surprends à me tendre pour mieux goûter le martèlement du sexe qui n’en finit pas de me marteler. Chaque coup de boutoir m’arrache une plainte langoureuse. Et je suis heureuse non seulement parce que je jouis. Mais aussi parce que je sais que chaque gémissement que j’émets lui donne la jouissance.
Elle me dit :
« Ouvre ta bouche. Ce monsieur a envie d’elle. Donne-la-lui. »
Elle me fait tourner la tête, et, toujours décideur de mon corps, m’entrouvre les lèvres de ses doigts, m’écarte les dents.
L’homme a le ventre nu. Il a fait glisser son pantalon…

Retrouvez la suite dans  Les madones de Venise !


Bonjour à tous,

Voici en exclusivité un petit texte tiré de mon prochain roman à paraître : Les femmes diamants. J’étais dans un train en partance pour la Suisse. Le voyage étant assez long, j’ai trouvé une occupation délicieuse pour rompre mon ennui…

J’espère que vous aimerez !

Des baisers,

Léa

«»

Seule dans ma voiture-lit, je regarde, appuyée à la balustrade, la nuit défiler devant mes yeux à vive allure.

Ma rencontre avec Gunter Gstaad m’a plongée dans une vive solitude. Son baiser m’a promis mille choses essentielles, mon corps s’est rempli de lui et je suis revenue sans le connaître.

La lune n’est même pas là pour me tenir compagnie.

Mes yeux se perdent dans le loin, j’ai envie de faire danser mon corps dans une danse que rien ne limiterait. Ma main s’aventure sur le contour de mon corps. J’ai besoin de me caresser et qui, mieux que moi-même, sait ce qu’il faut faire pour me procurer désir, tendresse, volupté, amour.

Je regarde ma main s’aventurer dans la vitre qui a choisi la nuit pour tain. Elle me réfléchit mon image, cela me plaît. J’ai toujours aimé les rondeurs de mon corps, la lourdeur de mes seins, la minceur de mes hanches, l’ampleur de mes fesses. Enfant déjà, j’aimais me regarder dans la glace, tandis que mes mains s’activaient sur ma peau.

Une main s’est infiltrée sous la ceinture de mon jean. Je regarde mon autre main, dans la glace, qui, comme s’il s’agissait d’une main d’étranger, déboutonne le bouton, fait glisser la fermeture éclair. J’écarte les jambes bien droites pour laisser à ma main le champ d’action nécessaire à la réalisation de ses tendres desseins.

Je regarde ma bouche s’entrouvrir dans le vide en quête d’une autre bouche à embrasser. Douces gorgées de ma propre salive. Bonheur d’être amoureuse de mon propre corps.

Le jean étroit empêche mes yeux de découvrir la toison pubienne. La main qui m’est étrangère s’active à l’abaisser. Elle le délaisse à mi-hauteur des cuisses. Le slip suit le même chemin et s’arrête à la hauteur du bas de la vitre.

La paume d’une main se creuse en coquillage tout autour du pubis, comme pour cacher un trésor très précieux. Le cache-sexe que je viens d’inventer s’effeuille au fur et à mesure que les doigts de ma main suivent le gré de leur fantaisie. L’un d’entre eux pénètre lentement dans mon sexe. La douce volupté qui m’envahit me fait un moment fermer les yeux. Lorsque je les rouvre, c’est pour voir, dans la glace, un doigt onduler lentement vers le clitoris.

Il n’est pas encore assez humide pour que je le malmène. Refrénant le spasme qu’elles ont amorcé, mes mains remontent vers les seins, les soupèsent, pressent à travers l’étoffe qu’elles n’ont pas encore eu ni le loisir ni le temps de retirer. Les pointes sont fermes, presque douloureuses tant elles sont excitées.

Mes mains remontent vers le cou. Ma tête penche de droite à gauche pour être sûre de profiter de toutes les caresses.

Mes doigts, en quête de l’indispensable salive qui alimentera le clitoris en lui permettant les pires délices, tourmentent l’entrée de ma bouche. Un à un, ils tentent de forcer mes lèvres, d’entrouvrir les dents pour venir s’abreuver. Ma bouche se laisse violer, mais au fur et à mesure qu’ils volent l’élixir magique, elle imagine trouver en eux, le sexe viril qu’elle désire tant.

Les doigts comprennent que pour reconquérir leur liberté, il leur faut jouer le jeu. Simulant le pénis, ils entrent et sortent en un va-et-vient régulier. J’imagine le sexe gonflé de désir. Je défaille presque à l’idée qu’il est sur le point de jaillir, de déverser son sperme. Ma bouche doit lâcher prise.

Imprégnés de salive, les doigts glissent sans détour vers mon sexe qui attend en tremblant.

Mes yeux se plantent sur la toison. Agissant toujours en main d’étranger, ma main gauche étire au maximum les lèvres de mon sexe afin que les yeux et mes doigts puissent le reconnaître.

Un index posé sur le clitoris m’arrache un soupir. Le sursis qui me reste avant la jouissance s’amenuise lorsqu’il le presse, le vrille, l’irrite d’insolentes caresses. Le sursis ne se mesure plus en étalon-temps, mais en étalon-caresse.

Mon index ne peut plus s’arrêter, pris dans une tourmente infernale, encouragé par une jouissance qui ne demande plus qu’à se déverser.

Je pleure de me faire languir. J’appuie imperceptiblement plus fort. Mes fesses se serrent, mes reins se cambrent.

Mes yeux traversent mon corps et se plantent dans la nuit. Je confonds lumières et étoiles. Elles défilent devant moi comme autant d’éclairs défiant la tempête. Mes doigts se mouillent de la pluie de l’orage qui, en même temps, brouille mes yeux.

Je crie tandis que je m’abandonne, tandis qu’une jouissance infinie se déverse aux bords de mon corps.

Je suis bouillante, mes joues doivent être couleur de feu. Je regarde mon visage tandis que je reprends petit à petit mon souffle. La jouissance vient de me rendre encore plus belle. Je baisse un peu la vitre pour laisser le vent me fouetter le visage et avec le vent, c’est le souffle de la nuit qui entre, c’est aussi le bruit régulier des roues sur les rails qui poursuivent le voyage.

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Retrouvez ces caresses intimes dans Les Femmes diamants !