Pas tous en même temps !

 
 

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Description

Un bordel chic de Hong-Kong. Comment Morgane a t’elle pu se laisser enfermer dans ce lieu de tous les vices ?
Initiée par Ming-La aux plaisirs et arts de la maison, Morgane devient bientôt la putain la plus courue de l’établissement. Mais dans les vapeurs d’opium, les souvenirs deviennent flous…
Chacun son tour messieurs, pas tous en même temps !

Godefroy de La Mettrie réinvente le roman de gare à l’heure du numérique. Des récits coquins et débridés qui se savourent comme un bonbon acidulé.

Il y a à présent une trentaine de personnes dans la cabine. Les femmes qui sont sorties avec moi de la fumerie se sont disséminées dans la pièce.

La moitié des tables de jeu disparu et a été remplacée par des sofas ont dû être achetés rouge, mais qui depuis, ont bien vécu.

Une main vient de toucher mon genou. Elle remonte lentement vers ma cuisse. Je sursaute.

Une ou deux filles se trouvent assises aux quelques tables de jeu qui restent et ont pris place sur les genoux des joueurs. Les autres, dans leurs cheongsams de satin aux couleurs aussi passées que les sofas, sont assises ou allongées sur des banquettes avec des hommes qui les ont prises en main.

Chacun s’occupe de son partenaire sans se soucier le moins du monde de l’entourage.

En face de moi, une fille s’occupe d’un vieillard qui ne doit pas avoir moins de soixante-quinze ans. Un chauve avec un crâne aussi lisse et aussi luisant qu’une cerise exposée au soleil. Ses yeux brillent d’excitation et son visage est illuminé d’un sourire qui ne découvre plus aucune dent. La fille a déboutonné son col et l’a entrouvert jusqu’au niveau des seins. Le vieillard vient d’y glisser sa main. Je vois le visage de la fille grimacer de douleur alors qu’il la caresse. Il doit lui pincer la pointe des seins. Elle ne proteste pas et se laisse faire en silence.

Mais le vieux ne semble pas encore tout à fait satisfait. Il prend la main de la fille et l’oblige à se poser sur son sexe. La fille, obéissante, les yeux dans le vague, extirpe le sexe et commence à le caresser, de sa main. Le sexe ne bande pas. Il n’a d’ailleurs pas dû connaître de vigueur depuis longtemps déjà. Mais le vieux semble heureux. Il n’en demande pas plus et s’abandonne sur le sofa, aux caresses prodiguées.

La main vient de remonter jusqu’à mon slip. Dans un éclair de lucidité, je la retire d’un geste brusque et considère un instant celui qui a osé.

C’est un Asiatique, au visage ruisselant de sueur moite, avec un tout petit front et des yeux bridés très rapprochés. J’ai dû tomber sur le plus jeune de ce club du troisième âge. J’imagine qu’il a dû souffler ses cinquante bougies, il y a déjà quelques années.

Un mégot éteint, tout jauni et tout imprégné de salive, collé sur les lèvres, il me regarde, l’air insolent et narquois. D’une grimace cynique, qu’il doit prendre pour un sourire, il m’invite à baisser les yeux vers son pantalon déboutonné.

De sa braguette bâillant, il a sorti lui aussi son sexe. Un sexe si petit malgré la vigueur que lui a donnée la caresse sur mes cuisses, que j’ai presque envie de sourire.

Encore sous l’emprise des vapeurs d’opium, j’observe sans bouger ses paupières brûlées par l’insomnie des nuits blanches qu’il a dû passer dans ce lieu, et par les fumées de cigarette qui font dans cette pièce un épais brouillard.

Sa main reprend le chemin de mon sexe. Elle passe à travers l’élastique de mon slip et s’infiltre à travers les lèvres de ma fente, fouille, écarte, prend appui sur mon clitoris, le chahute.

Je ne sais quelle force d’inertie me tient clouée sur ce sofa. Et toujours une idée qui me revient en tête, me fuyant quand je veux la saisir. Une idée sans mot, à qui les mots font peur. Une idée qui me dit vaguement qu’il faut partir d’ici, qu’il me faut me secourir. Le remède est en moi. Je le sais, mais il me semble être à une telle profondeur, si loin… La porte de sortie est proche. Il me suffit de me lever et de fausser compagnie à cette mamasan qui garde l’entrée et qui ne m’a pas encore quittée du regard, guettant sans doute mes réactions.

Le doigt poursuit son chemin et pénètre mon intimité. Il est bientôt suivi d’un autre et d’un troisième qui écartent les parois de mon ventre et palpent la profondeur.

Les petits yeux brillants me fixent avec lubricité. Je cherche des yeux un secours dans la salle. Lee, où es-tu ? Viens m’aider à me sortir de moi-même, à me sortir de ce brouillard qui est dans ma tête et qui m’empêche de faire un geste.

Mais je ne reconnais personne. Des couples ici et là, gisent sur les banquettes et s’adonnent à leurs plaisirs sans se soucie du reste du monde.

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