Prise violemment au bureau

Les érotiques vous emmènent pour une année de rebondissement et de frissons coquins avec le nouveau feuilleton de Anne Dezille

Margaret et ses filles,
Chronique d’une année mouvementée

Une saga familiale en 12 ebooks pour 12 mois d’une année mouvementée.
Retrouvez le 16 de chaque mois, un nouvel épisode de ce feuilleton chic et sexy !

Margaret couMargaret - Les érotiquesche avec Vincent, l’ancien compagnon de sa fille aînée, Vanessa. Faustine, la benjamine, découvre le pot aux roses et les dénonce. La hache de guerre est déterrée entre l’aînée et Margaret.
De son côté, Faustine programme son dépucelage avec son prof de piano et ne se doute pas que sa mère, qui l’a dans le collimateur, puisse lui mettre des bâtons dans les roues. Jane, la peste rondouillette et mangeuse d’hommes, n’a que faire de ces histoires. Elle est bien trop occupée à tromper Antoine, son grand amour, et à échafauder des plans pour séduire Jules, le beau cuisinier. Vanessa, quant à elle, se désespère d’être frigide, rêve de son premier orgasme et se désole de la méchanceté des autres. Peut-être que Mehdi son ami d’enfance saura lui redonner confiance aux hommes et en l’amour.Jane - Les érotiques

 

 

 

 

EXTRAIT DES 'NUITS NOIRES

Margaret

Le 20 décembre 20XX

Lila organise le pot de départ d’une brochette de stagiaires, mon petit vicieux, Xavier, n’est pas concerné. Il est là pour encore quelques mois. Il me donne l’impression d’avoir envie de me manger. L’épisode de la banane il y a quelques semaines est gravé dans ma mémoire. Je ne pensais pas qu’on pouvait être si jeune et si pervers. Je ne me savais pas si audacieuse – et pourtant je croyais avoir repoussé beaucoup de limites.

Il est tard. Nous avons entamé le deuxième Nabuchodonosor de champagne. Mes « filles » y vont mollo sur l’alcool, elles préfèrent – quand je les regarde – siffler de la Vittel : je veux qu’elles restent minces et qu’elles aient toujours une attitude décente. En avoir une qui se donnerait en spectacle serait le pire des camouflets.
Les stagiaires sont ivres. Ils fricotent avec leurs congénères du sexe opposé. Cette soirée exhale les hormones et le désir étudiant. Xavier se démarque avec son arrogance et son détachement. Sa turpitude, aussi. Je jette involontairement un coup d’œil sur la table à la recherche d’un fruit ou d’un ustensile longiligne. Il surprend mon regard, un sourire diabolique se dessine sur ses lèvres.

Karl est légèrement ivre, mais avec élégance. Nous apportons un gâteau à table – la grande table de travail en métal – et nous distribuons des petits cadeaux. Ils sont ravis.
Ils augmentent le volume de la musique. De l’électro inaudible. Il est temps pour Karl et moi de nous éclipser.
Il me saisit par la taille et m’entraîne dans son bureau. Dans le couloir qui mène à son antre, il ne se passe rien. Nous ne parlons pas. Nous ne nous caressons pas. Seule sa main dans mon dos est en contact avec mon corps. Elle exerce une pression désagréable : je suis forcée d’avancer. Arrivés devant la pièce, nous y entrons. Je me dirige tout droit vers sa chaise de patron et m’y assois en exigeant qu’il suive mes directives. Il m’interrompt immédiatement, il n’aime pas qu’on lui donne des ordres. Il se rue sur moi, ses mains nerveuses enserrent mes frêles poignets, il me fait lever et m’écarte de la chaise :
« Ici, c’est moi le boss ».

Tout comme dans la voiture, le mois dernier, ses yeux se transforment. La couleur est changeante, elle passe du bleu acide au noir électrique. Il me met sous tension et je vibre intensément. Il me pousse sur son bureau sans s’embarrasser, comme dans les films, de le débarrasser de tous ses accessoires piquants et protubérants. Des crayons s’enfoncent dans le tissu de ma jupe, aiguillonnant la peau de mes fesses. Je suis surprise par le plaisir que me procure ce léger inconfort. Il écarte mes jambes violemment. Karl veut enfoncer un doigt dans ma conque humide, mais son geste est entravé par mes collants. Il se moque de moi : « Tu aimes les bas de grand-mère. » Je suis gênée, honteuse, et me débat pour me relever et les abaisser. Il m’en empêche. Je veux râler et aussi m’expliquer : « il faisait très froid et je n’ai pas toute ma lingerie chez ma fille… Je n’ai trouvé qu’une paire de collants… » Je me sens ridicule, ça n’est pas à mon habitude. Il plaque sa main contre ma bouche. Elle couvre également mon nez, j’étouffe. Il rit et m’arrache mes collants. Le nylon se file formant des petites lignes aériennes de tissu découvrant ma peau. Entre mes jambes, le trou est trop petit pour qu’il puisse y insérer sa main. Il est furieux et s’abaisse pour l’agrandir.

Telle une bête sauvage, il attaque l’étoffe avec ses dents, mordillant ma peau au passage. Il me fait mal et je constate avec étonnement que cette douleur remonte agréablement le long de mes membres et excite mon clitoris palpitant. Pourtant, mes vieux travers réapparaissent rapidement. Je m’agite, je gigote, il faut que je prenne le dessus, que je dirige les choses. Il remonte à la surface. Ses yeux jettent des éclairs :
« Tu veux t’échapper ? La traînée veut s’échapper ? Je vais t’apprendre à vouloir désobéir. »
Il me gifle. Une fois. Deux fois. Ma tête tourne à gauche, puis à droite, mes cheveux suivent le mouvement imposé à ma nuque soumise. Un frisson ardent parcourt mon corps. Je meurs d’envie qu’il s’empare de mon corps, mais refuse de m’offrir à lui si aisément. De toute façon, c’est la punition que je cherche. Ma poitrine est gorgée de désir, elle s’étrangle dans la soierie qui la cache. Je me cambre, lui donnant mon buste à téter. Il comprend ce que j’attends et enfonce ses ongles derrière ma tête, agrippant ma chevelure, la tirant en arrière :
« Tu me prends pour qui ? Pour un gosse ? Je me fiche de tes grosses mamelles maternelles. Elles me dégoutent. »
Ce disant, il prend une paire de ciseaux et découpe mon corsage avec précision, calmement. Je ne bouge plus, ne respire plus, il pourrait me blesser. La peur et le doute m’envahissent, accentuant mon effervescence. Il s’attelle à la destruction de mon soutien-gorge qu’il dépèce méthodiquement. Il reste un morceau sur un téton. La lame froide des ciseaux glisse sur ma poitrine. Je frémis. Clac. Il découpe la dentelle. Clac. Il rencontre la chair. Je saigne. Une goutte de sang perle à la surface de ma peau. Je suis fascinée. Les poils de mon triangle assoiffé de sa verge sont trempés par mon nectar. Il lèche le sang sur mon sein. Je veux lui rappeler que c’est mon corps et qu’il n’a pas les pleins pouvoirs :
« Tu m’as fait mal.
— Je t’ai demandé de te taire. »

Il mord mon mamelon, s’enfonce dans mon décolleté. Une de ses mains remonte jusqu’à mon visage et s’affaisse dessus, l’écrasant de toutes ses forces, me forçant à étendre mon tronc sur le bureau. Mes jambes pendent dans le vide, mon torse repose sur le métal de la table. Karl défait sa ceinture, il la tend entre ses mains et la fait claquer. Mes poils se hérissent.
Je balbutie : « Je… Je ne peux pas avoir de marques, s’il te plaît, Karl… »
Il sourit, il jubile : « C’est tout ce que je voulais une petite poule obéissante et docile. »
Il se tait, je suis soulagée, il va m’épargner. Il reprend :
« Mais c’est moi qui décide si tu peux avoir des marques ou pas. Et je t’ai déjà dit de ne pas l’ouvrir. »

Ses traits sont figés dans un masque terrible. Il me plaît. Il me frappe. Fort. Le cuir lacère le haut de mes jambes et le bas de mon ventre. Mon corps est pris de soubresauts. La souffrance se mêle à l’orgasme, elle en est indissociable. Karl déboutonne son pantalon, il glisse à ses pieds. Il extirpe son sexe de quinquagénaire séduisant et dominateur de son caleçon et se masturbe vigoureusement. Je n’ose pas bouger, ni piper mot. Il s’approche de ma fêlure charnelle. Il me surplombe. Il me semble immense. Ses mains empoignent mes seins et les maltraitent. Je rêve qu’il s’enfonce en moi brusquement, qu’il me remplisse de sa toute-puissance. Il n’en fait rien. Il me fait glisser vers lui, les stylos et les cahiers râpent mon dos nu. Je suis à la bonne hauteur apparemment puisqu’il grimpe sur moi et place son phallus entre les deux globes roses. Il effectue un va-et-vient décevant. Il est mécontent et m’attrape le menton violemment :
« Aide-moi un peu. Tiens-toi les nichons ! »
Je presse mes seins l’un contre l’autre et les fais rouler contre la verge de Karl. J’aimerais qu’il jouisse sur moi, que sa semence éclabousse mon visage. Il n’a toujours pas l’air satisfait :
« C’est bon, ça suffit. Retourne-toi. »
Je m’exécute. Peut-être qu’il va me sodomiser ? J’en frémis de plaisir à l’idée.

La lanière de cuir s’abat sur mes fesses. Il me fouette encore tout en tirant sur son sexe à intervalle régulier. Je jouis de nouveau.
« Je ne t’ai pas dit de jouir petite salope. »
Il est de plus en plus vulgaire, toujours aussi autoritaire. Une pensée fulgurante s’empare de mon esprit, je pense à notre future collaboration professionnelle. Il me domine, m’interdit l’orgasme, me violente. Et si cela avec des répercussions sur notre relation de travail ? Je dois me battre, lui montrer que je suis capable de me défendre. On n’aime pas les masochistes dans le monde de l’entreprise. Je n’en suis pas une, ni une sadique, mais en tous cas je me suis toujours voulue dominatrice. Je lui fais face et lui arrache la ceinture des mains. :
« Ça suffit maintenant ! Vous vous croyez où ? Vous m’avez prise pour qui ? »
À mon tour de le gifler. Il est surpris. Il chancelle. Ce n’est qu’un vieil homme finalement.
« Asseyez-vous ! » Je le pousse sur la chaise de toutes mes forces. Il est bouche bée.

Son sexe se dresse entre ses longues jambes fuselées. J’ai envie de le malmener. Je frappe son visage une première fois. Pas de réaction. Je recommence. Ses lèvres tremblent, il n’aime pas ça. Il est heurté dans son sadisme. Il faut que je le dresse. Je lâche la ceinture dont je ne sais que faire et m’empare d’une règle sur le bureau :
« Tendez les mains ».
Je vais l’humilier. Il est de cette génération qui a souffert de sévices à l’école. Il est de cette génération qui voulait faire payer l’instituteur, mais était trop lâche pour le faire. J’ai l’intention de lui rappeler qui détient le pouvoir et l’autorité. Je m’acharne sur ses mains. Je blesse ses phalanges. Elles passent du rose, au rouge, au violet. Au fil des coups que j’assène, le désir se répand dans mon corps. J’ai envie qu’il me fasse payer mon insubordination. Je souhaite qu’il se batte. Finalement, je comprends que j’aime la résistance, l’impudence. Karl, offrez-moi une lutte charnelle. Je lâche la règle et m’empale sur lui soudainement. Je veux qu’il me regarde :
« Regardez-moi, regardez-moi. »
Je le tiens par les cheveux, il me regarde enfin. Ses yeux, sa bouche, sa moue, son expression me défient. Il m’énerve. Je le lèche. Je recouvre son visage de coups de langue appuyés. Ma langue et ma salive s’infiltrent dans sa bouche, ses narines, dans ses pores, sous ses paupières. Je me balance, je gondole. Sa verge se fait plus forte dans mon ventre qui l’avale, la digère, se l’approprie. Ils ne font plus qu’un.

Je me rhabille calmement. Karl est plus prolixe. Il ne prend pas la peine de ranger son bureau. Il parle de tout et de rien avec beaucoup de respect et de déférence. Il me vouvoie à nouveau.
« Venez Margaret allons rejoindre les autres. Je les entends s’égosiller. La petite sauterie a peut-être pris une tournure amusante. »

Dans le couloir qui sépare le lieu de nos ébats à celui de la fête, nous mettons une distance étrangement longue entre nous. Il marche devant, tel le leader qu’il voudrait être. Je le suis, prête à prendre sa place, pas tout à fait Iago, mais presque.
Au moment d’entrer dans la pièce où se déroulent les festivités, il me laisse passer. Les stagiaires nous ignorent, ils sont concentrés sur eux-mêmes. Je demande à une jeunette où est Lila, elle hausse les épaules et se détourne. Je la rattrape :
« Quand je demande quelque chose, Mademoiselle, vous prenez la peine d’articuler des mots, de construire une phrase avec un sujet, un verbe et un complément pour me répondre. C’est entendu ? » Elle s’excuse platement, ses yeux troublés par l’alcool roulent dans leurs orbites, elle a peur. Tant mieux, demain elle sera virée, autant qu’elle s’y prépare. Un garçon, prénommé Léon, s’adresse à moi :
« Margaret, je voulais vous remercier pour tout, de m’avoir laissé ma chance et… »
C’est exactement pour cette raison que je mets un point d’honneur à ne pas assister aux pots de départ des stagiaires (et des autres aussi, en fait), pour éviter d’avoir à écouter de jeunes ivrognes radoter à mon oreille à quel point je suis merveilleuse, à quel point ils me sont redevables. Il poursuit :
« Je suis content que vous soyez encore là. Lila pensait que vous étiez partie.
— Lila est encore là ?
— Oui, elle est dans son bureau… avec Xavier, je crois ».
Lila et Xavier sont dans un bureau qui est forcément le mien puisque Lila n’a pas de bureau, elle a un coin travail à l’extérieur de ma pièce. Je ne me pose pas de questions sur ce qu’ils font, je sais. Je suis embêtée. Je n’ai pas envie que le petit pervers gâte mon assistante. Je décide de les arrêter.

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